HISTOIRE ET PATRIMOINE
Le Mont Cindre et son Ermitage
Le Mont Cindre est un site naturel et patrimonial remarquable. Il abrite un ancien ermitage, une chapelle, un jardin de rocailles et un belvédère offrant une vue panoramique sur la région. Ce lieu singulier, façonné par l’histoire et les hommes, aujourd’hui restauré et animé régulièrement par des expositions, conférences et concerts.
En un coup d’oeil
🌄 Le Mont Cindre : un des 8 sommets de la chaîne du Mont d’Or
👀 L’ermitage et son belvédère : panorama exceptionnel sur la région
🏛️ L’Ermitage : chapelle et logement de l’ermite, témoins d’un passé spirituel
🌿 Le Jardin de rocailles : créé par Frère François (1878–1910), restauré en 2023
Un site naturel et panoramique
Le Mont Cindre culmine à 470m, c’est le premier balcon de la chaîne du Mont d’or lyonnais offrant un panorama exceptionnel sur LYON et sa Métropole, la plaine de la Saône et de l’Ain jusqu’au Bugey et aux Alpes avec le Mont Blanc, le Jura sud et la Dent du Chat ainsi que les Monts du Lyonnais.
Poumon vert de Lyon, sillonné de nombreux sentiers balisés, facilement accessibles depuis chaque commune, le massif est apprécié de tous les randonneurs, joggeurs et cyclistes. Une maison de la nature située entre le Mont Cindre et le Mont Thou permet une halte abritée et documentée : Sentier de l’homme et du Paysage, circuit des cabornes, sentier des rapaces …
Les couchers de soleil vus de l’esplanade attirent les amateurs de photographies qui prolongent souvent leur séance pour le spectacle lumineux de LYON la nuit.
L’ermitage avec sa chapelle et ses jardins interrogent tous les amateurs d’histoire et de patrimoine.
Un lieu chargé d’histoire
L’ermitage du Mont Cindre aurait été fondé en 1341 par un moine de l’île Barbe, le Frère Jean Henri. Si aucun document n’a été retrouvé pour l’instant, les registres de l’Abbaye ont bien enregistré ce frère confesseur des Dames de Sathonay qui l’auraient aidé financièrement à construire une récluserie ainsi qu’une chapelle dédiée à Notre-Dame Reine des Cieux.
Le Moyen-Age très pieux s’est plus penché sur la construction des cathédrales et des églises plutôt que sur l’érémitisme, pourtant très présent dans la région lyonnaise depuis le Ve siècle. Il y a donc des silences importants dans les archives. On sait depuis peu qu’entre 1415 et 1444, Amédée de Talaru archevêque de Lyon donna des directives pour que l’ermitage du Mont Cindre soit entretenu et habité par un homme célibataire. Puis en 1511 une Bulle du Pape Jules II reconnait l’ermitage.
C’est un lieu de pèlerinage important et la chapelle devenue trop petite est agrandie en 1675. En pierre jaune et pierre grise des Monts d’or avec une seule nef de 24m de long et 9m de large. On aménage un logement pour l’ermite de deux petites pièces et d’une cave. À côté une petite écurie et un abri pour le bois.
En 1733 un porche s’ajoute à la chapelle. Les ermites se succèdent jusqu’à la révolution où l’ermitage est vendu à un particulier. En 1800 les paroissiens demandent au maire de racheter l’ermitage et participent à ce rachat en offrant une partie des leur récolte de noix. Les ermites reviennent.
En 1807, la jeune Bertille Mazade d’Avèze, en promenade à l’ermitage avec son ami Simon Ballanche philosophe, décrit le jardin de prière : une carrière au sommet de laquelle se dresse un vieux calvaire que l’on atteint par un sentier. En 1837, le curé de St-Cyr offre à l’ermitage les 14 croix en fonte du Chemin de croix du vendredi saint (il en reste 8 à ce jour).
Le peintre Louis Touchagues décore le porche et l’abside en 1952.
Emile François Damidot s’installe au Mont Cindre le 1er avril 1878. Ce sera le denier ermite permanent de l’histoire de l’ermitage. Il meurt devant la chapelle en 1910 à l’âge de 70 ans, laissant une œuvre colossale : un jardin de rocailles avec un belvédère de 12m de haut. La chapelle porte le vocable NOTRE DAME DE TOUT POUVOIR à partir de 1820.
Le jardin de rocailles : une œuvre unique
Lorsqu’Emile François Damidot arrive au mont Cindre, il trouve derrière la chapelle la carrière surmontée du calvaire avec son Chemin de Croix et la grotte creusée par un ermite tailleur de pierre. Ce sera sa “Jérusalem” sa nuit de la passion avec le Mont des Oliviers, le Golgotha et le tombeau du Christ.
Un an avant le facteur Cheval, mais connaissant bien les jardins de rocailles à la mode depuis longtemps dans les belles propriétés, Damidot ramasse les cailloux en bordure des champs et surtout les vignes épierrées. Il créé des niches, des grottes, des bassins, se souvient de Bethléem et de sa crèche, de Nazareth et de la visitation de Marie dans la maison à la fenêtre rouge, de St François d’Assise et lui dédie une petite chapelle… Et le Mont des Oliviers se dresse sur la carrière « plus près du ciel, plus près de Dieu » et surtout avec une vue exceptionnelle, d’autant que les coteaux sont couverts de vignes et aucun arbre ne vient cacher l’horizon. Il récupère deux escaliers métalliques en colimaçon d’une bibliothèque pour accéder à son belvédère.
Il change de technique pour construire trois autres chapelles : il fabrique des briques en ciment qu’il moule dans des coffres en bois et au fond desquels il met des vieux journaux. Pour la chapelle du Christ au Mont des Oliviers, le journal s’est imprimé dans le ciment : ce sera le seul et unique document que Damidot aura laissé de ses créations : La voix de (déchirure du papier) N° 1350. Il s’agissait de « La Voix de Fourvière année 1896. ». Il créé un crépi sur ses moellons en imprimant le bout des doigts dans le ciment frais.
En surélevant le Golgotha pour y installer 3 croix, il cache une citerne de récupération d’eau de pluie pour arroser toutes les plantations qui ornent chaque rocailles.
Puis se sera la chapelle St Charles Boromée et enfin, la plus grande celle du Curé d’Ars. Pour les vitraux il récupère des grilles d’air chaud des calorifères de la fin du XIXe derrière lesquelles il glisse une vitre colorée.
Pas de pierres taillées, pas de pierres sculptées ni gravées : des cailloux et du ciment qu’il arme de ferrailles récupérées. Emile Damidot le tailleur d’habits franc comtois est devenu Frère François ermite rocailleur.
Son chantier aura duré 32 ans.
Un lieu vivant, ouvert au public
Le Mont Cindre et son ermitage se découvrent à travers des visites guidées et des animations culturelles (expositions, conférences et concerts) organisées par l’association. Ces visites permettent de comprendre l’histoire du site tout en garantissant sa préservation.
Informations pratiques
LES VISITES LIBRES SONT INTERDITES SEMAINE ET WEEK-END
Pour les groupes
:
10 personnes minimum et 30 maximum, visites guidées en semaine UNIQUEMENT sur réservation obligatoire sur info@montcindre.fr au moins 8 jours à l'avance.
Les visites individuelles se font uniquement via l’office du tourisme de la ville de Lyon.
Accéssibilité :
Seule la chapelle est accessible aux fauteuils roulants; les personnes à mobilités réduites ne pourront pas monter au belvédère (escaliers en colimaçon) mais pourront profiter d’une vue remarquable sur l’ensemble du jardin.
L’accès est interdit aux chiens.
Comment s’y rendre ?
LYON Gare de Vaise -St-CYR AU MONT D’OR tous les jours, ligne de bus n°20 puis 20mn de marche par le sentier Le Grimpillon .(Chaussures de marche) . Du 1er juin au 30 septembre la ligne N20 circule uniquement le samedi et le dimanche et dessert le Mont Thou depuis la Gare de Vaise, via la Maison de la Nature et le Mont Cindre.
Coordonnées GPS : 45*49’21.6 ‘’N - 4*49’13.1’’E
Tarifs groupes :