Le Mont Cindre et son ermitage

Le jardin de rocailles

Hier, à travers les nombreuses cartes postales…

Les ermites du Mont Cindre n’ont jamais vécu isolés du monde, au contraire puisqu’ils distribuaient l’aumône et organisaient les pèlerinages. Mais ils devaient subvenir à leurs besoins en cultivant un jardin, quelques plantes médicinales, une vigne pour le vin de messe et pour eux-mêmes, élever une chèvre…

Aujourd’hui le jardin potager devenu terrasse et pelouse devrait retrouver prochainement l’allure d’un jardin de simples…

Le jardin de rocailles est l’œuvre «spontanée» du dernier ermite, Emile Damidot dit Frère François (1878-1910).

En s’appuyant contre les murs de la chapelle d’un côté et le flanc de carrière de pierres jaunes de l’autre, il restructure l’espace : Un belvédère de 12 mètres de haut s’élève au -dessus de la grotte creusée par le Frère Grataloup en 1820. De cette plate-forme, le panorama est extraordinaire : De la plaine des Dombes jusqu’aux Alpes, et bien sûr toute la ville de Lyon et les monts du Lyonnais.

A la manière du facteur Ferdinand Cheval, Frère François ramasse et amasse les pierres des chemins. Pierres blanches entassées sur les chirats et pour construire les cabornes, des pierres grises, calcaire à gryphées des carrières de La Ferlatière ou de St-Fortunat, et quelques pierres de chouin bâtard, très blanc. Avec des fils de fer de récupérations, il arme ses structures et les recouvre de mortier qu’il pétrit à la main.

Des petites Chapelles dédiées à des saints se dressent, élégantes, avec leurs vitraux enchâssés dans des dentelles de mortier. Chapelle du Saint-Curé d’Ars, de St-Charles de Borromée, de Jeanne d’Arc, de St-François d’Assise…. Elles côtoient une centaine de niches, de bassins , de grottes (Grotte de la Vierge de Lourdes avec Ste Bernadette, grotte de la Nativité, tombeau du Christ) et émergent d’une végétation devenue envahissante. Les statues qui les peuplaient ont disparu victimes des intempéries, du vandalisme et des cambriolages.
Bien avant la création du jardin existait un calvaire dominant la carrière, un chemin de croix en fonte datant de 1837 balisait le sentier. Frère François  l’aménagea en taillant des escaliers.

Le tracé du chemin de prières, serpente entre les rocailles habillées d’alysses, d’aubriètes et d’ibéris. Lavandes, mélisses et romarins, mêlant leur parfum aux roses , lys blancs , hémérocalles et iris  émergent d’un tapis de pervenches ,fraises des bois  ou lierre rampant . Les buis  et les lauriers  forment maintenant des touffes imposantes .

Protégé des vents le jardin est luxuriant ; il aurait mérité une attention toute particulière ,ce qui ne fut pas le cas. Venus des jardins proches , chênes, charmilles et acacias ont grandi , leurs racines déstabilisant  progressivement les constructions : l’eau s’infiltre , le fer rouille et les roches s’écroulent .

L’œuvre patiente d’Emile Damidot mérite d’être sauvée, et la demande de sauvegarde des milliers de visiteurs chaque année doit être entendue .

Marie-Chantal Pralus,
Correspondante de la Conservation
du Patrimoine du Rhône

 

Restauration de la chapelle

Restauration de la chapelle

Info pratique :

Le jardin de rocailles est partiellement fermé au public pour des raisons évidentes de sécurité.
Des travaux de sauvegarde et de consolidation des grottes et de leurs accès sont en cours sous l’impulsion de l’association Touchagues, notamment et de la Mairie de Saint Cyr au Mont d’Or. La réouverture partielle du site a eu lieu en mai 2011.

Une vidéo de ces jardins est visible dans la chapelle , ouverte le premier dimanche de mai et  de juin  ainsi que tous les dimanches de juillet et août  de 15h à 18h .

La permanence est tenue par l’association Louis Touchagues peintre  dont les fresques ornent la chapelle .